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Contenu de démonstration — les photos, films et textes ci-dessous sont provisoires, en attendant les vrais tournages.

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Portrait

La femme qui décide quand le village mange

À cinq heures du matin, Aïssatou allume le feu avant que le village ne se réveille. Personne ne discute l’heure qu’elle décide.

Par AmadouPublié le 6 septembre 20268 min de lectureSNSénégal
Photo de démonstration

Le premier bruit de Saré Yoba Diéga n’est pas un coq. C’est une allumette, puis un souffle, puis le bois qui prend. Aïssatou fait cela depuis dix-neuf ans et n’a plus besoin de lumière pour le faire.

Quand le ciel vire au gris, l’eau est chaude et le mil trempe. Personne ne lui a dit de commencer. Aucun horaire n’est affiché nulle part. Mais si elle commençait une heure plus tard, le troupeau partirait en retard, les enfants arriveraient en retard à l’école, et la journée entière prendrait du retard sur elle-même.

Les gens croient que ce sont les hommes qui décident. Les hommes décident où va le bétail. Moi, je décide quand chacun peut partir.
Aïssatou, 44 ans

Un métier sans nom

Il n’existe pas de mot au village pour ce qu’elle fait, parce que ce n’est pas considéré comme un métier. C’est considéré comme le matin. Demandez à n’importe qui ici qui organise la journée : on vous nommera le chef de village, ou l’imam, ou le chef de famille. Demandez-leur à quelle heure est le petit-déjeuner : tous donneront la même réponse, à la minute près.

Photo de démonstration
Le coin cuisine, une heure avant le lever du soleil.

Sa fille aînée a dix-sept ans et a commencé à allumer le feu le vendredi. Aïssatou dit qu’elle lui apprend le tempo, pas la cuisine. La cuisine, dit-elle, tout le monde peut l’apprendre.

VillagesSaré Yoba Diéga

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Reporter de terrain

Amadou

Filme et écrit depuis la route. Circule entre le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau et le Mali, et rapporte ce qu’il y trouve.

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